vendredi 13 mai 2011

« Etre plus que le cramignon de l’autre »

Heure-le-Romain - Interview Comité des Fêtes « Les Ronds d'Heure»


Vous êtes tout filiforme là, un jeune homme, et vous êtes président des Ronds d’Heure. Alors « rond », c’est pas rond je suis gros, c’est rond je bois !?
Ronal Engelborghs: Oui, ça se tourne plus vite dans ce sens là. Comme on est un groupement festif, on peut difficilement faire la fête sans se passer d’alcool. On est là prêt à boire un verre pour s’amuser, mais tout en restant droit, sans bagarre ! On est un petit village à Heure-le-Romain, donc il faut qu’on reste soudés entre nous, pas se battre, pas de dispute.

Vous pouvez présenter les Ronds d’Heure ?
Il faut savoir qu’à Heure-le-Romain, du temps des années de nos parents, il y avait deux cafés avec des rivalités « rouge » et « bleu », aux anciennes couleurs politiques. Ca a changé parce que nous les jeunes sommes toujours ensemble, qu’on soit rouge ou bleu. Bon, ici sur notre t-shirt on est bleu.

Donc, avant il y avait rivalité rouge et bleu, et maintenant tout le monde est bleu ?
Non, il y a toujours le Comité des Rouges et le Comité des Bleus, mais on travaille ensemble, on s’arrange pour avoir tous les gens concentrés au même endroit.

Quelles sont les activités organisées par les Ronds d’Heure ?
Au niveau des festivités, il y a la grande fête le dernier week-end du mois d’août. C’est le seul moment où le côté couleurs reste ; il faut garder ce piment-là! Ici sur la Basse-Meuse, ce folklore s’est perdu autre part. Ces couleurs politiques mettent une tension en plus! Avec les cramignons le but c’est d’être plus que le cramignon de l’autre.


On a aussi les Sav’Heure, village gaulois comme à Liège en plus condensé ; Halloween avec fanfare dans les rues, bal déguisé et soupe aux potirons; le marché de Noël; à Pâques une chasse aux oeufs... On est vraiment un comité des fêtes à part entière, c’est pas des histoires un peu culturelles. Ah oui, le carnaval, ça c’est quelque chose, parce qu’on a un char pour aller faire dans les autres villages. Puis on a l’anniversaire de notre local, qu’on fête chaque année.

Alors Ronald, comment vous êtes-vous retrouvé dans les Ronds d’Heure ? Besoin de faire la fête ?
Mes parents venaient au niveau des bleus. On m’a pris sous l’aile. Puis ça m’a intéressé de vouloir faire quelque chose pour mon village.

Vous vivez toujours à Heure-le-Romain ?
Oh oui, hein, je ne partirai pas d’Heure-le-Romain ! J'y vis depuis que je suis tout petit, j’ai 27 ans maintenant, je ne changerai pas d’idée.

Vous avez rencontré une jeune heuroromanorienne ?
Oui ! Tout à fait ! Une jeune de mon comité, elle me suit à fond dans toutes les organisations. Ca prend énormément de temps, il faut bien se le dire… mais c’est avec un réel plaisir qu’on fait ça. Surtout quand on voit le résultat donnant : les gens qui s’amusent, qui ont le sourire ; que demander de mieux ? 

Les gens se retrouvent, discutent et ne sont pas devant la TV. Ils sont là à voir d’autres personnes, socialiser…
Exactement ! Si les gens restaient chez eux, ce serait malheureux pour nous ! Mais ils répondent et sont là. Ils ont besoin de décompresser et nous on essaye de leur proposer un maximum de choses dans le meilleur déroulement possible, le plus amical possible et jusqu’à présent tout s’est bien passé, on ne saurait faire que continuer !


Dernière question, vous cherchez de nouveaux membres ?
Ah tout qui veut s’investir est le bienvenu ! Au niveau du comité, on est une quarantaine. Dans les moins jeunes j’ai pas mal d’hommes. Maintenant au niveau des jeunes, c’est beaucoup des filles, donc fatalement dans tout ce qui est travaux fort manuels…

...Quoi, monter les stands et tout?
Ah oui, quand on fait la grande fête on a un chapiteau en pièces qu’il faut monter…

...La guinguette c’est vous ?
C’est nous qui avons la guinguette, oui. C’est un travail énorme. Ah si j’avais pas eu mes filles cette année! Parce qu'il y en a qui ne sont pas nécessairement venus toujours donner un coup de main comme on l’espérait. Mais elles sont là, elles bossent, elles en veulent ! Mais qui veut venir est le bienvenu, y a pas de soucis, à partir du moment où il est prêt à mettre de son temps. On l’accueille à bras ouverts !

 Interview et photos de Lili Sygta

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